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 7/01 , 17.13 - i have no everything here.

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Khadija
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MessageSujet: 7/01 , 17.13 - i have no everything here.   Lun 4 Jan - 15:10

I HAVE NO EVERYTHING HERE
@lawrence
Khadija avait attendu un long moment avant de s'approcher des grilles. Pourquoi ? Parce qu'elle se connait bien. Casse-cou, dissipée hyperactive... Elle aurait fait un bien mauvais militaire, difficilement capable d'obéir à autre chose qu'à son propre instinct... Même son père n'avait pas pu la retenir de n'en faire qu'à sa tête. Et si elle décidait soudainement d'escalader les grilles ? Elle avait en elle cette crainte de faire soudain quelque chose de stupide et d'inattendu, sans pouvoir se contrôler. Parfois, elle craignait de s'approcher trop près d'un balcon ou d'une fenêtre ouverte sur la rue. « Et si je sautais ? » Mais elle n'aurait pourtant pas sauté... La peur de faire quelque chose d'inattendu et de non décidé la taraudait toujours. Aujourd'hui, elle saute le pas. Ses doigts caressent les barreaux des grilles qui les enferment tous, et pourtant, quelle belle prison que celle-ci... Elle finirait par sortir, mais imaginez qu'elle soit condamnée à passer sa vie ici ? Dans une insolence qu'elle regretterait plus tard, elle hausse les épaules : si tous les autres restent aussi, on pourrait passer une belle vie... Non, c'est faux. L'océan n'est pas là. Il ne manque que lui et quelques amis parmi les meilleurs. Il manque aussi le sable... Et l'herbe et les pins du pays Basque... Il manque surtout la possibilité d'aller ailleurs, même si ça ne se fait pas, on sait qu'on pourrait partir. C'est cela, la liberté, pas de partir forcément, mais de savoir qu'on le pourrait si on le décidait soudain. La pire des prisons n'est pas la prison elle-même, c'est l'interdiction de songer à la quitter. Elle sort une cigarette du paquet qui repose dans la poche intérieure de son blouson de cuir, et, en attrapant son briquet, elle croise le regard de Lawrence s'avançant vers elle. Un sourire vient éclairer le coin de sa bouche et ses yeux verts se plissent légèrement pour apercevoir son expression. Lorsqu'il arrive devant elle, elle se contente de lui tendre le paquet de clopes ouvert afin qu'il se serve si l'envie lui vient, tout en aspirant une bouffée de sa propre cigarette. — La prison, est-ce que tu connais ? Peu importe laquelle, celle de l'Etat ou la psychologique. Voilà bien une chose qu'elle ignore totalement de lui, qui porte pourtant de nombreux tatouages dignes d'un incarcéré. A-t-il déjà été enfermé ? Est-ce pour cette raison que sa fille lui a été enlevée ? Son ex-femme a-t-elle raison de le considérer comme néfaste pour sa famille ? Elle ferme ses yeux avec lenteur, lui donnant le froid de lui mentir, sans qu'elle lui en veuille le moins du monde.
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Lawrence
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MessageSujet: Re: 7/01 , 17.13 - i have no everything here.   Mar 5 Jan - 20:11

L'ennui. Et avec lui l'idée saugrenue d'effectuer encore et encore le tour du propriétaire comme si l'on espérait y voir quelque chose de changé depuis la veille, quelque chose de différent, d'anormal ... d'intéressant. Si la première semaine Lawrence s'était senti frustré que l'interdiction qui pesait sur lui de porter des vêtements lui ait empêché de profiter au même titre que les autres candidats de l'extérieur du nid, il avait eu depuis largement le temps de se rendre compte que cette histoire de fête foraine finissait par le lasser. Rien d'étonnant là-dedans, puisque ce n'était déjà de base pas le genre de lieux que Lawrence avait eu l'habitude de fréquenter dans son enfance, et qu'on imaginait assez mal le grand gaillard qu'il était passer des heures à pêcher des canards en plastique ou chevaucher une monture de carrousel sans que cela devienne risible. Il se demandait s'il ne finirait pas par vraiment tourner en rond, plus que ce n'était déjà le cas, s'il restait candidat suffisamment longtemps. Remontant au dressing pour récupérer son blouson, qu'il avait laissé ouvert tant à lui l'hiver irlandais semblait clément en comparaison des températures de montagne et de la neige qui tombait en abondance sur Santa Fe à cette époque de l'année, il avait pris le chemin de l'extérieur en se doutant bien que son tour de propriétaire ne lui apporterait rien de supplémentaire que la veille. Arrivé près des grilles pourtant il avait eu la surprise d'observer une Khadija dont le langage corporel tout entier semblait crier sa frustration à l'idée de ne pas pouvoir passer de l'autre côté du portail. « Qu'est-ce que tu t'imagines qu'il y a, de l'autre côté ? » Hormis la verdure environnante qu s'étendait sous leurs yeux, évidemment. Il devait bien y avoir autre chose plus loin ... A moins que toute cette nature ne soit que de la poudre aux yeux, peut-être étaient-ils simplement perdus au beau milieu de studios de production depuis tout ce temps. C'était même particulièrement plausible. « La combinaison orange m'allait si bien que ça ? » Sourire narquois, et une légère hésitation lorsque la jeune femme lui avait tendu son paquet de cigarettes, avant d'en attraper une. Lawrence n'était qu'un fumeur occasionnel, de certains de ses camarades SEAL il avait hérité un goût pour les cigarillos, qu'il grillait encore de temps à autres avec son associé pour se récompenser à la fin d'une journée particulièrement longue, mais sa consommation s'arrêtait là. Mais au fond c'était sa première cigarette depuis qu'il était en Irlande, alors cela restait occasionnel. « Non, je ne connais pas. » Se penchant vers le briquet qu'elle venait de lui tendre pour allumer sa cigarette. Ce qui ne voulait pas dire pour autant que son casier judiciaire soit vierge, mais ce n'était pas la question qu'elle venait de poser. Une question dont il avait l'intuition qu'elle n'était pas posée par hasard. Tirant sur sa cigarette il avait fait quelques pas, rejoignant à son tour le grilles et posant un regard pensif sur l'autre côté, sans aucune envie pourtant de s'y aventurer. « La mère de Rosie est retournée vivre en Louisiane quand elle avait trois ans. Ça devenait pesant pour elle de rester dans l'ombre, mais moi je pouvais pas me permettre de ne pas donner le change avec mon épouse, alors ... » Tapotant son index contre sa cigarette pour en faire tomber la cendre il avait reposé les yeux sur Khadija. Il ne l'avait jamais explicitement confirmé, que son ex-femme et la mère de sa fille n'étaient pas une seule et même femme, mais bien deux différentes. « C'est devenu un peu plus simple après mon divorce, je ne la voyais toujours pas beaucoup mais elle venait pendant les vacances, et cette fois-là je l'avais avec moi pour deux semaines. » Il avait esquissé un léger sourire, un peu amer, ses yeux se perdant un instant sur un point invisible tandis qu'il se laissait gagner par ses souvenirs. « Le treizième jour sa mère et son nouveau fiancé ont débarqué, sans s'annoncer. Je sortais d'une réunion de dernière minute, et Rosie était au parc avec la femme de mon associé et leur fille, du même âge. Ils m'ont dit qu'ils voulaient la récupérer ce jour-là et j'ai refusé, parce que j'avais droit à quatorze jours, pas treize. » Ça pouvait sembler dérisoire, de se froisser ainsi pour vingt-quatre heures, mais vingt-quatre heures c'était une éternité quand on ne voyait pas quelqu'un aussi souvent qu'on le souhaiterait. « Le ton est monté, je me suis énervé, son fiancé aussi, on en est venus aux mains ... et je lui ai cassé la mâchoire et le nez. » Et une pommette. Le petit banquier au caractère de teigneux qui s'en prenait au militaire, Lawrence avait presque envie de dire qu'il l'avait bien cherché, mais il n'avait pas envie qu'on l'accuse de mettre de l'huile sur le feu. « Et comme à cette époque-là j'allais déjà ... pas très bien, elle s'est engouffrée dans la brèche et a convaincu un juge que Rosie n'était pas en sécurité avec moi. » Il avait haussé les épaules, entre amertume et résignation, lançant à Khadija un regard qui voulait dire "maintenant tu sais" et tirant à nouveau sur sa cigarette avec fébrilité. Et bien sûr que c'était n'importe quoi selon lui, parce que quand sa fille était dans son champ de vision il fondait comme une glace au soleil et que ça l’écœurait, que Maureen ose sous-entendre qu'il pourrait lui faire quoi que ce soit. Mais elle n'était pas la seule à le penser, de toute évidence, et il n'avait à l'évidence toujours pas suffisamment prouvé sa bonne foi puisqu'en un an et demi il n'avait revu Rosie que trois jours, en tout et pour tout. « Tu es à l'étroit ici, je me trompe ? » S'adossant à la grille il avait posé un regard compatissant sur la jeune femme, reprenant le ton calme avec lequel il avait pris l'habitude de s'exprimer de manière habituelle ici. « Tu n'avais pas peur que ça finisse par trop te peser, de venir t'enfermer ici ? » Elle lui avait confié souffrir d'hyperactivité la semaine précédente, bien qu'il ne soit pas certain qu'elle se souvienne de ça comme du reste de leur conversation, tant sa sobriété était relative à ce moment-là. Il ne savait pas vraiment ce que cela impliquait, d'être hyperactif, mais il était à peu près certain que de rester enfermer dans un lieu clos sans savoir précisément quand on en sortirait ne devait pas être une situation idéale.




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Khadija
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MessageSujet: Re: 7/01 , 17.13 - i have no everything here.   Dim 10 Jan - 15:27

Ce qu'il y a de l'autre côté ? Elle hausse les épaules avec légèreté. Sans doute manque-t-elle de curiosité, et d'humour, en ce moment. En tout cas, il n'y a certainement pas l'océan derrière ces grilles. Elle l'aurait entendu siffler, gronder, s'amasser sur lui-même comme un gros poisson. — Sans doute la lande ? Et après elle, les premières habitations ? Et aussi, une grande route blindée de voitures, et, peu après, un aéroport ? Un complexe industriel ? — Je ne vois pas vraiment ça en « Truman show », elle ajoute dans un mince sourire. Lawrence connait sûrement ce film – tout le monde le connait. Au bout de la mer : la peinture, le décor artificiel du monde en télé-réalité. Lawrence sourit, lui rappelant l'épisode des abysses, qu'elle avait presque oublié à ce stade de l'aventure. — Plutôt les tatouages, répond-elle en clignant doucement des yeux. Non, évidemment, l'époque où les tatouages étaient réservés à une classe dangereuse d'êtres humains est révolue. Les militaires eux-mêmes en portent beaucoup, mais de ce qu'elle sait de Lawrence, de son éducation aristocratique, elle est toujours surprise par la vision de toute cette encore sur son corps. Elle se doute qu'il ne les a pas faits pour la mode, ni pour appartenir à un cercle. Lawrence semble plutôt faire les choses pour lui, et pour le peu de reste qui lui tient infiniment à cœur. Elle avait faux, cependant, Lawrence n'est jamais allé en prison. Elle hoche la tête, enregistrant l'information. Puis, sans qu'elle s'y attende, Lawrence se confie sur sa fille, et sur la mère de sa fille. Khadija comprend, dans la foulée, qu'il y a deux femmes de sa vie, pas un comme elle le pensait (la mère de Rosie). Sa vie sentimentale semble avoir été chaotique, pendant un moment. Elle écoute l'histoire de Lawrence, la bataille, mentale et physique, pour obtenir sa fille. Comme dans un film, elle voit le poing de Lawrence s'écraser contre la joue d'un homme plus mince que lui, en costard trois pièces, sous les yeux furieux d'une belle femme pleine d'assurance, et le regard perplexe, un peu apeuré, d'une petite fille. C'était très noble de sa part, songe Khadija, à moins que son ex femme soit une véritable manipulatrice, tout juge aurait compris la violence d'un père pour garder son enfant... Non, la phrase qui l'étonne, c'est plutôt le contexte initial : sa fille au parc avec la femme de son associé. Peut-être Lawrence avait-il manqué de temps à consacrer à sa fille, le peu de jours qu'il pouvait la voir avant qu'elle lui soit enlevée. Il avait l'air de beaucoup travailler. Une répartition des tâches un peu archaïque : messieurs en réunion, mesdames au parc avec les gosses. Elle tire une taffe de cigarette, ses yeux verts songeurs posés sur lui. — Les enfants comprennent tout, dit-elle simplement. Par là, elle veut lui dire que Rosie en sait beaucoup plus que ce qu'on peut imaginer, et malgré tout ce que sa mère pourra lui raconter, elle n'oubliera pas que son père a tabassé son beau-père pour la garder un peu plus près de lui. Ce n'est sans doute pas son ex femme qui lui rendra Rosie, mais Rosie qui reviendra vers lui. Parce que Lawrence est un bon père, de ce qu'elle en sait. Elle le suit des yeux lorsqu'il s'adosse aux grilles et lui pose cette question surprenante, preuve qu'il en connait plus sur elle que ce qu'elle pensait. Une question qu'elle est déjà pressée de lui retourner, à présent que ses méninges tournent à cent à l'heure. — L'enfermement... c'est très mental, dans un contexte pareil, souffle-t-elle en embrassant d'un regard l'immense domaine de Fake Lover. — Il n'y a que sur l'eau que je me sens véritablement libre, que je prends conscience de l'absence de barrières. Barrières géographiques, mais aussi barrières physiques et vitales : plus rien ne la sépare de l'immense inconnue qu'est la mort. Et la vie n'a jamais été si précieuse, intense, excitante, que debout sur une vague qui s'enroule au-dessus de soi. Elle croise les bras après avoir écrasé sa cigarette et s'appuie à son tour contre les grilles, un pied en arrière. — Et toi ? Tu as ce calme qu'ont ces personnes qui contrôlent sans cesse leur explosion. Tu n'as jamais peur de craquer ? Ce calme ronflant, cette sérénité tendue, comme l'océan.

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