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 01-02 , 14.30 , don't ask where i'm from.

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Khadija
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MessageSujet: 01-02 , 14.30 , don't ask where i'm from.   Lun 1 Fév - 13:14

DON'T ASK WHERE I'M FROM
@naveen
Elle s’est évadée du nid dans le froid hivernal, quittant la chaleur douillette du grand salon, pour suivre les sentiers battus menant au petit parc animalier. Elle est heureuse que la production ait pensé à les entourer d’animaux, des êtres vivants eux aussi, mais très différents des Hommes, dont la compagnie peut paraître étrange mais est apaisante, quelques fois. Elle évite de repenser, tandis qu’elle écrase sa cigarette terminée à l’entrée du parc, aux questions qui lui ont été posées pendant le prime. On a tendance à la voir comme une dragueuse, une allumeuse, ce qui n’a rien d’un mal mais peut rendre beaucoup de filles agressives – slut shaming au rapport. Cet après-midi, elle préfère la présence des animaux, incapables de juger au-delà de ce qu’ils perçoivent en fonction d’eux-mêmes. Elle pousse la grille et entre dans le tout petit champ qui accueille d’ordinaire le poney. Cette petite jument est très drôle, visiblement plus souvent en chaleur que la moyenne… Mais elle est introuvable. Khadija passe la tête dans le box rempli de paille. — Heu… Galipette ? Se risque-t-elle à voix haute. Elle entend soudain un souffle épuisé, presque une sorte de râle. Elle se précipite, sortant du box, pour trouver dans un sursaut d’effroi, derrière la cabane qui contient la nourriture et les réserves de foin, une Galipette allongée, le ventre gonflé, hennissant avec difficultés. Khadija court jusqu’au poney et s’accroupit à ses côtés, pose une main sur son ventre. Depuis son utérus, du sang s’écoule, mélangé à… Elle se penche, les yeux écarquillés. Du liquide transparent, gluant comme de la gelée… Elle… Ne lui dites pas que… Mais qui ?... Oh mon dieu, l’âne ?! — S’il vous plait, quelqu’un ! Elle attrape son micro entre deux doigts tremblants pour alerter la production, mais c’est trop tard : Galipette est bien en train d’accoucher. Son cœur bat à tout rompre. Elle n’est pas vétérinaire, elle ne sait absolument pas comment aider la petite jument à accoucher. Une main posée sur l’encolure, penchée sur elle, elle l’encourage à voix basse. — Allez Galipette, fais sortir ce petit machin, tu peux y arriver. Lentement, tandis que Khadija souffre en même temps que le poney hennit, une petite chose poilue, brune, commence à pointer certains de ses membres hors du ventre de sa mère. Elle entend du bruit et se penche en arrière, priant pour que la production ait envoyé un vétérinaire. C’est Naveen. Elle l’appelle énergiquement. — Naveen ! Il l’entend mais ne la trouve pas, elle est cachée. — Naveen, derrière la cabane, vite ! Sa voix tremble. Les jambes, trempées de placenta, du petit sont en train de sortir du poney. Naveen arrive et Khadija lui jette un regard implorant. — Elle est en train d’accoucher, j’ai appelé mais personne ne vient, je… Je ne sais pas quoi faire… Penchée sur l’animal, sa main sur sa peau, elle essaie de l’apaiser comme elle le peut tandis que Veen la rejoint. La scène est à la fois immonde et fascinante. Le petit sort sans geindre du ventre de sa mère, entièrement recouvert de placenta et de sang brillant. — Oh mon Dieu, Naveen, il sort complètement ! Le cou, la tête… Le petit est dehors, dans l’herbe. Le poney tente de se retourner pour le voir mais elle est épuisée. — Vite, aide-moi à le rapprocher d’elle, souffle-t-elle en essayant de choper le bébé par ses jambes frêles pour le rapprocher de Galipette. Enfin, la jument retrouve son petit et entreprend de le nettoyer en le léchant. Khadija réalise qu’elle tremble de tous ses membres, ses mains recouvertes de sang et de placenta. —Il… Il est vivant, il va bien, hein ? Elle claque des dents et se précipite contre Naveen pour se réchauffer près de lui. Mon Dieu. Galipette a été fécondée. Et ça ne peut être qu’une seule bête… l’âne.
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Naveen
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MessageSujet: Re: 01-02 , 14.30 , don't ask where i'm from.   Mar 2 Fév - 1:15


Si l'indien s'était rarement aventuré du coté du parc à animaux, ça n'était pas parce qu'il avait les bêtes en horreur, loin de là, mais plutôt parce qu'il n'avait jamais tellement su s'y prendre, avec les animaux, à partir du moment où il n'était pas question d'un chat que l'on pouvait caresser sans prendre le moindre risque. Il les avait alors le plus souvent observés de loin, Edward, Bella et les autres, parce qu'aussi attendri aurait-il été face à ces bêtes, il était peu probable qu'il ait su comment les gérer, dans l’hypothèse où l'une d'elles se serait prise d'amour pour lui, comme c'était parait-il le cas de Galipette à l'égard de Colin. Mais en cette semaine de demi-finale, l'indien avait bien l'intention de prendre un peu plus de risques, parce que s'il ne s'y décidait pas aujourd'hui, il était peu probable qu'il en ait l'occasion à l'avenir, raison pour laquelle il avait pris la direction du parc, cette fois avec la ferme intention de s'aventurer du coté des bêtes et même de nouer quelques liens tardifs avec elles. Mais au moment d'arriver sur place, lorsque ses pieds foulèrent la pelouse de l'enclot où devrait a priori se trouver le poney, il crut noter quelque chose d'inhabituel. Tout était étonnamment calme, comme figé dans le temps, et alors qu'il pensa un court instant à reporter son exploration des lieux à une heure où il aurait une chance d'être accueilli par l'affectueuse Galipette, voilà qu'une voix le stoppa net dans ses mouvements, et l'amena bientôt à s'affoler, sans trop savoir ce qu'il était censé trouver. A part Khadija, peut être, parce que c'est sa voix qu'il lui avait semblé reconnaitre. « Khadija ? Tu es là ? » La voix de la brune se fit à nouveau entendre, plus pressée encore, et c'est à ce moment-là qu'il comprit qu'il la trouverait du coté de la petite réserve. S'y précipitant alors, il arriva sur place et mit à ce moment-là quelques secondes à réaliser ce qu'il avait sous les yeux : Khadija, accroupie près de Galipette, qui semblait mal en point. « Khadija, qu'est-ce que ... » Sa voix témoignait de son incompréhension, mais plus encore de son inquiétude, autant parce que l'animal était à terre et que ça n'annonçait sans doute rien de bon, que parce que Khadija semblait elle-même paniquée. La française fit alors état de la situation, et il écarquilla les yeux, complètement pris de court. « Comment ? Tu veux dire ... qu'elle va mettre bas, là, maintenant ? » Oui, visiblement, et autant dire que cette perspective était hautement angoissante. Parce qu'il était n'était pas vraiment venu avec l'espoir de vivre ce genre de situations. C'était déstabilisant à plus d'un titre. « Oh bon sang, il faut ... il faut aller chercher quelqu'un, on ne va pas y arriver tous seuls ... » Il savait certes être optimiste la plupart du temps, mais ici il lui paraissait évident qu'ils auraient du mal à faire accoucher l'animal, sachant qu'un vétérinaire serait mieux placé qu'eux pour gérer ce genre de choses. Lui, il n'avait jamais fait ça, et sans doute que Khadija non plus. Mais le temps leur manquait, car déjà l'animal semblait mettre son petit au monde. Il l'apercevait chaque seconde un peu mieux. « Ça y est, il … il est là ? » Pris de panique, l'indien se rapprocha encore un peu plus, jusqu'à venir s'accroupir près de Khadija et de l'animal, tandis que le petit naissait sous leurs yeux ébahis, mais néanmoins émerveillés. « Oui, oui, bien sûr. » L'aidant à le saisir de façon à ce qu'il puisse retrouver sa maman, il resta ensuite quelques secondes sans plus pouvoir initier le moindre mouvement, peinant encore à réaliser ce qu'il venait de se passer, et combien tout ça avait pu être rapide. La brune, elle, semblait inquiète. Ainsi la serra-t-il contre lui lorsqu'elle se rapprocha. « Il va bien, rassure-toi. Il a un peu de mal à se redresser, c'est normal, mais je crois que ça va aller, pour sa mère et lui. » Le petit bougeait la tête et se remuait légèrement, il n'avait a priori aucune raison de penser qu'il puisse être en détresse, et sa mère semblait déjà prendre grand soin de lui. Frottant les bras de la brune, il se recula légèrement pour pouvoir discerner ses traits, fronçant doucement les sourcils. « Eh, tu trembles. Tout va bien, Khadija, tu t'en es extrêmement bien sortie. » Ce n'était pas lui, clairement, qui avait fait le plus gros du travail. Il l'avait épaulée, et encore, sans doute aurait-elle pu se passer de lui. Reportant un instant son attention sur le poney, il esquissa cette fois un doux sourire, délesté de son appréhension de tout à l'heure. « Est-ce que tu savais, pour Galipette ? Parce que moi, j'étais loin de m'attendre à ça. » Autant en arrivant, qu'en règle générale, à vrai dire. Il connaissait au poney une certaine réputation, c'est vrai, mais de là à s'attendre à assister à ce genre de scène … Non, quand même pas. « Bien. Nous sommes le 1er février 2016, alors chez moi on dirait que le petit est du signe astrologique Kumbha Rasi. C'est un bon signe, ça veut dire qu'il sera affectueux, malin et … sensible, je crois. » Il était plus ou moins certain de ce qu'il avançait, ayant une sœur férue d'astrologie et s'étant lui-même toujours intéressé à ce genre de choses. Le poney continuait en tout cas de s'occuper de son petit, qui réagissait cette fois un petit peu plus, et c'est un regard définitivement attendri qu'il posa sur les deux bêtes. « Regarde-les, ils sont adorables. » La beauté de cette scène rattrapait assurément l'angoisse qu'ils avaient pu ressentir, l'un et l'autre, quelques instants plus tôt. Finalement, l'indien soupira de soulagement, tandis que ses lèvres dessinaient une esquisse presque amusée. « Mais s'il te plaît, dis-moi que tu ne me réserves pas une surprise, toi aussi, parce que ça risquerait de faire beaucoup. » Il plaisantait, bien sûr, pensant qu'il l'aurait remarqué, quand même, si Khadija était sur le point d'être mère à son tour. Mais dans l'hypothèse où il aurait décidément dix-huit épisodes de retard, il est certain qu'il vaudrait mieux qu'il soit mis au courant suffisamment tôt pour aller chercher du renfort. Pablo, par exemple, serait l'homme de la situation.


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MessageSujet: Re: 01-02 , 14.30 , don't ask where i'm from.   Mar 2 Fév - 11:07

C’est qu’elle n’y connaît strictement rien, elle. Elle a beau vivre au pays « basque », là où certains voient les habitants des lieux en béret et gardiens de moutons, elle n’a jamais trop fréquenté d’autres animaux que chats, chiens, et… mouettes. La preuve, elle n’a même pas été foutue de trouver le terme « mettre à bas », lui préférant automatiquement un « elle accouche » digne d’une totale néophyte en matière d’animaux… Encore tremblante, les dents claquant au froid qu’elle ressent plus que jamais, ses mains trempées de sang, elle regarde fixement le petit se faire lécher par sa mère dans les bras de Naveen. Elle s’en serait bien sortie selon lui, mais il lui semble n’avoir strictement rien fait d’utile… Le petit est sortit tout seul, Galipette n’a eu besoin de personne… — Imagine si elle avait eu besoin d’aide, comme… une césarienne… Elle réfléchit un instant. La production doit sûrement les voir et ils seraient intervenus en cas d’urgence. Sans doute ont-ils su que Galipette saurait se débrouiller (elle a peut-être été vue par un vétérinaire ce matin même !), et ont-ils consciemment décidé de laisser Khadija seule face à sa première « naissance en direct »… Naveen trouve immédiatement le signe astrologique de l’animal, et les adjectifs qui lui sont associés. Elle rit, et réalise qu’elle pleure. Surprise et un peu gênée, elle regarde Naveen de ses grands yeux verts trempés. — Je ne sais pas ce qui se passe, dit-elle dans un rire un peu étranglé par les larmes. Sans doute l’émotion, naturelle, primitive, de l’Homme devant la Vie. Elle ne s’y attendait pas. — Ce petit malin doit être l’enfant de Galipette et de l’âne, je ne vois que ça. J’ai entendu que ça pouvait se produire, ça s’appelle un « mulet ». Quand c’est l’inverse, une ânesse avec un étalon, c’est un « bardot », dit-elle dans un sourire, contente de se souvenir de ce fait intéressant qu’elle a appris… elle ne se souvient même pas de quand. Le petit mulet étire son cou et se frotte la tête contre l’encolure de sa mère. C’est vraiment émouvant… — Et si on l’appelait Kumbha ? C’est trop mignon ! Et puis, un nom à consonance indienne donné à un animal du parc de Fake Lover marquerait bien leur passage ici. Naveen l’incite à regarder le petit et sa mère, ce qu’elle fait, incapable de retenir ses larmes, qu’elle tente d’essuyer de la manche de son blouson, ses mains étant sales. — Depuis le temps que Galipette attendait ça, remarque-t-elle avant de rire. Une maman seule avec son petit, sans papa puisque l’âne est ailleurs avec l’ânesse… Ce qui, on dirait, n’empêchera pas Kumbha d’être heureux, regardez-le s’épanouir dans son début d’existence… Elle écarquille les yeux face à la remarque de Naveen avant d’éclater de rire. — Tu es fou ?! Elle rit et sèche définitivement ses larmes. — Je me laisse un peu de temps, peut-être pas autant que Galipette, mais quand même, assure-t-elle dans un sourire amusé. La principale intéressée leur jette un coup d’œil, depuis la pelouse craquelée par le gel. — Oui, c’est de toi que je parle, Galipette. Ton choix est audacieux, on peut dire que ça casse les codes… Un poney et un âne… Cela dit, ils font la même taille, c’est moins choquant que si une petite ânesse avait été prise par un étalon, non ? Khadija se tourne vers Naveen, s’appuyant sur le bois du cabanon, se sentant éreintée mais heureuse. — Puisqu’on parle de petits… Tu vas sans doute rencontrer Rosie, après l’aventure, dit-elle dans un sourire, le regard brillant. — Tu t’es déjà imaginé en père ? Elle s’est rarement imaginée en mère elle-même, sauf quelques fois, où la vision d’elle et son fils ou sa fille en train de surfer lui venait à l’esprit, l’enfant sur une toute petite planche suivant en riant les mouvements de sa maman…
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Naveen
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MessageSujet: Re: 01-02 , 14.30 , don't ask where i'm from.   Mer 3 Fév - 5:14

C'est vrai, l'indien avait imaginé que son détour par le parc à animaux lui vaudrait d'être confronté à une situation inédite. Parce que jusqu'ici, il ne s'était jamais tellement approché de ces quelques bêtes, et qu'il s'était dit que sa rencontre avec les pensionnaires du parc ne serait pas banale. Mais elle le fut encore moins que prévu lorsqu'en arrivant au niveau de la réserve, il s'était retrouvé aux premières loges de l'accouchement de Galipette. Autant dire qu'il avait eu sa dose d'émotions fortes pour un moment, et que même maintenant que le petit était sorti, il peinait un peu à s'en remettre. Khadija, elle, semblait se demander comment les choses se seraient passées s'il y avait eu des complications. « Ils ne nous auraient pas laissés dans cette situation, et ne l'auraient pas abandonnée à son sort, j'en suis certain. » La production avait bien des torts, mais il était peu probable qu'elle ait observé l'animal sans rien tenter dans l'hypothèse où il se serait retrouvé en pleine détresse. Khadija, en tous les cas, semblait décidément chamboulée par cette scène à peine croyable. La tenant tout contre lui, c'est bientôt un sourire des plus attendris que l'indien esquissa, lorsqu'il nota en même temps que la brune que cette dernière versait quelques larmes. « Tu es émue face à l'un des plus beaux spectacles qu'il t'ait été donné de voir, c'est on ne peut plus naturel. » Il souffla, d'une voix chaleureuse, tandis que de son pouce il vint sécher le dessous de ses yeux, dans un geste empreint de douceur. « Tu m'aurais vu, chaque fois que l'un de mes neveux et nièces est venu au monde … on ne m'arrêtait plus. » Il lâcha un léger rire, un peu gêné peut être, en repensant à tous ces moments où l'émotion l'avait lui-même submergé. Il n'avait assisté qu'à un ou deux accouchements, pourtant, mais chaque fois qu'il avait vu l'une de ses (belles-) sœurs avec un bout d'elles-mêmes dans les bras, il n'avait pu retenir ses larmes. « Tu crois ? Mais dans ce cas, l'âne ne passera probablement pas beaucoup de temps avec son petit … Ils ne pourront pas former une famille, tous les trois. » Il reprit, d'un ton subitement attristé, quand Khadija évoqua celui qui d'après elle était le père de ce petit. L'âne, qui sans doute était déjà retourné auprès de ses semblables et se soucierait assez peu d'avoir engendré un être des plus adorables. Lorsque Khadija proposa de le nommer Kumbha – en référence au signe astrologique évoqué un peu plus tôt par l'indien – c'est une mine beaucoup plus réjouie que ce dernier afficha. « Va pour Kumbha ! Et puis, si ça peut lui éviter d'hériter d'un nom aussi peu recherché que celui-ci de sa mère, ça n'est pas plus mal. » Il mouva la tête, sceptique depuis le début quant au fait qu'on ait nommé ce poney « Galipette », un mot dont il n'ignorait malheureusement pas le sens. « Je suis sûr que sa situation leur aurait inspiré toutes sortes de jeux de mots. » Parce que la production ne manquait pas d'imagination, il l'avait déjà constaté, et il aimerait autant que ce petit jouisse d'un nom un peu plus innocent, que la production n'utiliserait pas pour s'en moquer. Khadija, toujours fébrile, lui fit esquisser un sourire plus tendre à sa prochaine remarque, tandis que l'indien s'amusa quant à lui du fait que la brune lui réservait peut être une surprise, elle aussi. Elle s'en étonna, à raison, et il rit avec elle. « Tu as bien raison, tu as tout le temps d'y penser. Et puis, il vaut mieux être sûre d'un certain nombre de choses, j'imagine, avant de faire ce genre de projets. » En l'occurrence, d'avoir trouvé la personne avec qui on désirait fonder une famille. Lui, il est certain qu'il aimerait que Khadija et Lino en viennent à envisager ce genre de choses, mais c'était à elle d'acquérir la certitude qu'elle avait trouvé la bonne personne. « Tu ferais une mère formidable, sois-en sûre. » Il reprit, sincère, tout en venant déposer un baiser sur le sommet de son crâne. Lui-même l'avait souvent trouvé maternelle à son égard, et Khadija avait de l'amour à donner, il le savait depuis qu'il la connaissait. Quant à Galipette, il est vrai que son choix sortait de l'ordinaire. « Tant qu'elle est heureuse comme ça, on ne peut que se réjouir pour elle. » Galipette, qui se montrait parait-il assez entreprenante, attendait peut être simplement de pouvoir destiner son affection à un petit être comme celui-ci, dont elle s'occupait déjà si bien. Les yeux à nouveau rivés vers les deux bêtes, il reporta bientôt son attention sur la française lorsque celle-ci évoqua un sujet des plus précieux, qui illumina son regard d'une tendre lueur. « Je l'espère. C'est une chance que j'aimerais vraiment avoir. » De rencontrer Rosie, de découvrir cette enfant dont il ignorait en soi énormément de choses, mais qu'il aimait déjà à sa façon, et saurait aimer encore davantage. « Pour apprendre à la connaître, mais aussi parce qu'il me tarde de les voir tous les deux, Lawrence et elle. De voir quel effet elle peut avoir sur lui. » Sans doute Rosie faisait-elle ressortir certains traits de la personnalité de l'américain, des traits qu'il ne montrait pas facilement. Parce qu'il lui destinait assurément une tendresse sans égal, que pour elle ses yeux brillaient plus que pour n'importe qui d'autre. S'il y avait bien un cadeau qu'il aimerait pouvoir faire à Lawrence, c'était celui de jouer le rôle qu'il voulait jouer auprès de Rosie. Aussi souvent et aussi longtemps que lui et personne d'autre n'en déciderait. « J'ai souvent réfléchi au jour où je fonderais une famille, oui. » Il ajouta, suite à sa question, tandis que son regard se faisait plus distrait, et sa mine un brin rêveuse. « Je n'ai jamais voulu avoir autant d'enfants que mes parents, parce que ça implique énormément de sacrifices et que je n'aurais pas pu contraindre une ... ma femme à endosser le même rôle que ma mère. » Celui d'une femme qui avait abandonné toutes ses ambitions pour s'occuper de ses enfants, et qui passait son temps en cuisine et à prendre soin des autres, sans attendre qu'on prenne soin d'elle en retour. « J'ai toujours pensé que j'aurai deux, peut être trois enfants. Et que je vivrai dans une maison semblable à celle où j'ai grandi, mais plus proche du centre-ville, pour que mes enfants ne soient pas coupés du monde comme nous avons pu l'être, mes frères et sœurs et moi. » Le quartier où il avait grandi était un peu isolé, et la maison de ses parents très en retrait. Les seuls magasins qu'il avait longtemps fréquenté, c'était ceux qui composaient la rue où son père avait travaillé. Le reste avait longtemps été entouré de mystère pour lui. « Tu sais, je crois que dans le fond ma mère s'est toujours doutée que son troisième fils ne lui donnerait pas de petits enfants … et que c'est la raison pour laquelle elle s'est tant évertuée à me rappeler mes obligations, ces dernières années. Pour se rassurer, et sans doute avec l'espoir que sa persévérance porterait ses fruits. » C'était une chose qui lui apparaissait un peu plus clairement, aujourd'hui. L'insistance de sa mère, il l'avait mis sur le compte d'une obsession pendant des années, mais il y avait certains regards qui lui revenaient à présent en mémoire. Des regards particuliers, qui aujourd'hui prenaient forcément tout leur sens. Comme si elle savait, avant que lui-même ne sache.


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MessageSujet: Re: 01-02 , 14.30 , don't ask where i'm from.   

 

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