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 half a world away, 01:07 - 08/02 (naveen)

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Lawrence
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MessageSujet: half a world away, 01:07 - 08/02 (naveen)   Lun 8 Fév - 6:02

@NAVEEN & LAWRENCE
01:07 ~ 08/02, monday

Le plateau des primes était devenu une cohue sans nom entre les félicitations, les au revoir, les commentaires suivant la révélation de la douzaine de secrets dévoilés ce soir, le tout au milieu de l'habituel brouhaha post-prime qui prenait place chaque dimanche. Et si d'ordinaire c'était déjà ce qui poussait Lawrence à ne pas s'attarder sur le plateau éternellement et à rejoindre le dressing puis sa chambre, c'était d'autant plus vrai aujourd'hui qu'il avait besoin de prendre un peu l'air. Il n'avait par ailleurs pas attendu l'accord de Naveen pour décréter que lui aussi en avait besoin, car s'il n'était d'ordinaire pas du genre à lui imposer quoi que ce soit, ce soir il semblait clair que l'indien avait besoin de respirer un peu, et de mettre de l'ordre dans ses idées. De parler aussi, peut-être, mais ça Lawrence ne pouvait pas le deviner et plutôt que de tenter le diable en tentant maladroitement d'engager la conversation il s'était contenté d'entretenir le silence, en se disant que Naveen le briserait bien s'il en avait envie. La température qui baissait sensiblement une fois le soleil couché faisait presque regretter au barbu de ne pas avoir fait au moins un détour par le dressing pour récupérer une veste, et rentrant légèrement la tête dans ses épaules il s'était contenté de marcher, se calant sur le pas de Naveen, à moins que ce ne soit lui qui se calait sur le sien ... Toujours est-il que leur marche silencieuse les avait mené jusqu'au bus qui trônait toujours dans un coin du jardin. C'était comme s'il rouillait un peu plus chaque jour, comme s'il ressemblait encore plus à une épave ce soir-là que la première semaine, tel un témoin muet du temps qui avait passé et des choses qui avaient changé depuis le début du jeu. Il faisait meilleur à l'intérieur, presque bon, sans doute parce qu'ici ils étaient à l'abri du vent à défaut d'être à l'abri de la lourdeur que prenait peu à peu le silence qui subsistait entre les deux candidats. Ce n'était pas habituel entre eux, le silence, pas plus habituel que les joues toujours brillantes des larmes silencieuses que Naveen semblait avoir versé à nouveau pendant leur trajet dans le jardin. Lawrence ne les remarquaient que maintenant, après avoir tâtonné jusqu'à la lampe à pétrole qu'il se souvenait avoir remarqué dans un coin, la dernière fois, sans être certaine jusqu'à cet instant qu'elle fonctionne vraiment. Mais la lueur faiblarde qu'elle dégageait suffisait à créer une pénombre dans laquelle la silhouette de Naveen n'était plus uniquement une ombre dont il distinguait à peine les contours. Et ce qu'il pouvait voir ne lui plaisait pas, parce qu'il n'avait encore jamais vu l'indien dans un état tel que celui-ci, et qu'il réalisait n'avoir aucune idée de comment faire face à une telle situation. Ça n'avait plus rien à voir avec l'air vaguement soucieux qu'il arborait lors de leur dernière conversation ici, quelques semaines plus tôt, c'était totalement différent. Et le seul vrai drame de Lawrence à cet instant c'était de ne pas connaître les mots magiques ou la recette miracle pour chasser la peine de son camarade. « Viens. » Malgré la demande formulée dans un murmure, c'était pourtant Lawrence qui, faisant à nouveau quelques pas à l'intérieur du véhicule, avait parcouru la distance nécessaires pour retourner au niveau de Naveen. Avec un peu moins d'hésitation qu'à l'accoutumée le barbu était venu refermer ses bras autour de l'indien, l'une de ses mains glissant pour remonter jusqu'à sa nuque, parce qu'il savait maintenant que c'était par ce genre de gestes d'affection que l'on dissipait parfois les tracas du candidat, et que s'il doutait que cela soit suffisant ce soir il ne savait pas quelle autre solution adopter, pour l'instant. Et si une partie de son esprit continuait de se questionner sur la manière dont Naveen pourrait interpréter l'une ou l'autre de ses actions, l'autre avait envie de croire que Khadija avait raison la semaine précédente en lui conseillant de cesser de se poser tant de questions. « Dis-moi. » Murmure à nouveau, d'un Lawrence qui ne demandait qu'à savoir ce qui pouvait bien se passer dans la tête de Naveen, à cet instant. Parce qu'il avait fait du chemin Lawrence, depuis l'instant où un peu braqué il avait asséné à Naveen dans ce même endroit que jamais plus il ne laisserait qui que ce soit entrer dans son existence. Aujourd'hui pourtant il était tenté de le faire, parce que Naveen avait su se dévoiler comme une personne rare, précieuse, et parce que laisser entrer quelqu'un auprès de lui c'était aussi vouloir être présent, pour les bons jours comme les plus mauvais. Ce n'était pas un bon jour ce soir pour Naveen, ou en tout cas pas une bonne soirée bien qu'elle se soit auréolée pour lui d'une victoire qui venait de lui offrir un billet pour la finale de l'émission.




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Naveen
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MessageSujet: Re: half a world away, 01:07 - 08/02 (naveen)   Lun 8 Fév - 10:49


La soirée s'était achevée sur l'annonce des noms des quatre finalistes, et si en temps normal l'indien aurait bondi de joie à l'idée de se voir offrir le privilège inestimable – et inespéré – d'atteindre ce dernier pallier, ce soir il avait accueilli la nouvelle avec un maigre sourire, teinté d'une tristesse qui ne le quittait plus depuis qu'il avait pris la parole, quelques heures plus tôt, et mis des mots sur une situation compliquée, mais surtout douloureuse, qui n'en finissait plus de le faire souffrir depuis maintenant des mois. Il avait manqué de s’effondrer après la révélation de son secret, et s'était finalement enfermé dans une sorte de léthargie où seules ses larmes avaient continué à couler, ses pleurs à retentir, et ses mains à trembler. Il était resté ainsi de longues minutes, même après qu'une vive effervescence ait envahi le plateau, aux cotés d'un Lawrence qu'il savait soucieux pour avoir intercepté certains de ses regards, et pour avoir senti sa main se resserrer sur la sienne quelques instants plus tôt. Lawrence, c'était bien celui pour qui il tenait, ce soir. Celui qui l'empêchait de s'écrouler sous le poids de sa peine, ou de rejoindre sa chambre en quatrième vitesse pour s'y cloîtrer jusqu'au petit matin. Il le sentait empathique à sa détresse, mais il sentait surtout qu'il ne le laisserait pas tomber. Qu'il ne se désintéresserait pas de son sort, de son état. Ainsi c'est sans s'être étonné de son initiative qu'il s'était laissé conduire en dehors du plateau, puis du bâtiment, lorsque Lawrence l'avait invité à le suivre et qu'ils s'étaient mis en route, côte à côte, dans le froid de la nuit. Son simple sherwani ne le protégeait pas des températures extérieures, mais son être avait de toute façon été privé de sa chaleur quelques heures plus tôt, lorsque son cœur s'était vidé et que ses meilleures énergies l'avaient quitté. Ses larmes continuaient d’inonder ses joues, en silence, et son regard était recouvert d'un flou qui rendait certains de ses pas hésitants. Sans poser de question – parce qu'il faisait confiance à Lawrence, mais aussi parce qu'il économisait ses forces – l'indien se laissa finalement conduire jusqu'au bus 142, qui se présenta à eux comme un refuge bienvenu, et pas seulement parce que la soirée était des plus fraîches. Ils entrèrent alors, l'un après l'autre, et l'indien ressentit un soulagement furtif, passager, lorsque ses yeux se raccrochèrent à tous ces détails qui tendaient généralement à l'apaiser, quand il venait ici. Mais ce court bien-être laissa place à une profonde torpeur lorsqu'en constatant que Lawrence avait allumé la lumière, il posa les yeux sur son partenaire et réalisa combien cette soirée était triste, morose, alors qu'elle aurait pu être si belle. Sa gorge se serra alors à nouveau, ses lèvres se remirent à trembler, et c'est finalement au creux des bras de Lawrence, dans une étreinte qu'il n'aurait pas osé réclamer mais qui enroba son cœur d'un baume invisible, qu'il se laissa aller à de nouveaux pleurs. Endolori par une peine qui lui demandait énormément d'énergie, il s'abandonna littéralement à ce contact, les yeux clos, le visage enfoncé entre le cou et l'épaule de l'américain, et ses mains agrippées à son dos, sans plus lutter. Ils étaient entre eux, il savait que Lawrence ne le jugerait pas de se mettre dans cet état. « Désolé. » Il souffla après quelques secondes, en redressant légèrement la tête, lorsqu'il constata que ses larmes avaient noyé une petite partie du tissu de sa veste, qu'il se souciait d'abîmer même dans un moment pareil. La chaleur de Lawrence, ajoutée à sa carrure si rassurante, lui donnait alors l'impression d’étreindre un immense ours en peluche, au creux duquel il resterait des heures entières. « Je … j'aurais préféré que tu ne me vois jamais comme ça. » Il confessa par la suite, dans un aveu un peu timide, tandis que sa voix restait entrecoupée par ses pleurs, et tressautait chaque fois que sa respiration se faisait difficile, presque douloureuse. Lawrence l'incita finalement à lui parler, ainsi l’indien prit une nouvelle inspiration, et tenta de mettre des mots sur ce qui l'animait à cet instant. « Je me sens trahi. » C'était le sentiment qui primait au fond de son cœur, et à travers tout son être. Celui d'avoir été utilisé, ou tout du moins manipulé. « Par cet homme qui s'est joué de moi, par … par mes parents aussi, qui ne m'auraient jamais rien dit si mon père n'avait pas perdu son travail. » Car c'était aussi ce qui le perturbait, de savoir qu'il n'aurait jamais su pour Amita si son père n'avait pas pris le risque de reproduire son erreur avec Sonali. Peut être sa mère aurait-elle craqué un jour, mais combien de temps encore aurait-elle gardé le silence ? Et lui, combien de temps aurait-il encore passé à vivre dans cette naïve insouciance ? « Et puis, je ... je me sens coupable. » Il reprit, plus fébrilement, tandis qu'il releva enfin la tête pour pleinement dévisager son partenaire, et laissa son regard trouver le sien. Il s'y accrocha alors comme à une bouée, pendant plusieurs secondes, par besoin autant que par réflexe. « Je suis là, alors qu'elle est partie. Par ma faute, parce que ... » Il inspira, tentant de calmer ses sanglots. « ... parce que j'étais le cinquième, celui qui a remis tout en question rien qu'en existant, et qui … qui a forcé notre père à passer cet accord. » Il se voyait finalement comme le noyau du problème, et c'était une culpabilité écrasante pour lui qui n'avait pas les épaules pour la supporter. Ainsi son expression se décomposa à nouveau sous le poids de sa tristesse, sa tête se baissa et son corps tout entier s'appuya contre celui de Lawrence comme si ses forces le quittaient, et qu'elles avaient peu à peu raison de son équilibre. « J'aurais eu tellement de choses à lui dire. » Tellement de choses à lui demander, surtout. Parce que c'était pour s'assurer que sa sœur était en paix dans sa nouvelle existence qu'il avait fait le voyage jusqu'en Europe, et à cette idée qu'il s'était raccroché dès le départ, quand il avait choisi de croire ce que l'oracle lui racontait, ce qu'il lui prédisait. Ne pas l'avoir trouvée, ne pas lui avoir dit tout ce qu'il avait sur le cœur … ça lui causait une peine immense, et ça le noyait dans un océan de doutes et de craintes.


i guess right now
you've got the
last laugh.
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Lawrence
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MessageSujet: Re: half a world away, 01:07 - 08/02 (naveen)   Mer 10 Fév - 17:12

Sans doute que dans d'autres circonstances Lawrence ne se serait pas attardé après la fin du prime et aurait bien vite fait de regagner le dressing pour se changer, avant d'aller se glisser sous la couette pour espérer s'endormir sans avoir le temps de trop ressasser sa propre révélation. Mais réussir à fermer l’œil sans se poser la moindre question à propos d'autrui c'eut été totalement impensable tant Naveen semblait lui totalement sans dessus-dessous après son propre aveu, et dans un état dans lequel Lawrence ne l'avait assurément jamais vu. Il connaissait déjà son secret dans les grandes lignes et savait que le candidat appréhendait de le révéler à voix haute au reste des candidats, mais il ne pensait pas qu'il serait à ce point atteint et réalisait qu'il avait peut-être minimisé l'impact qu'aurait ce prime sur son camarade. Il le savait pourtant, que Naveen prenait les choses à cœur, il le lui avait même encore fait remarquer de manière un peu taquine en début de prime ... Mais inconsciemment sans doute était-il plus habitué à voir l'indien s'inquiéter pour autrui, ou pour les conséquences que ses choix et ses paroles pouvaient avoir sur eux, que de le voir s'inquiéter pour lui-même. Ce qui leur ferait un point commun, au moins pour ce soir, puisque Lawrence lui aussi se sentait de plus en plus soucieux vis-à-vis de Naveen ... A cause de son air abattu, à cause des larmes, mais aussi à cause de certains paroles prononcées par le candidat tandis qu'il donnait des détails sur les tenants et les aboutissants de son secret. Des choses pour lesquelles Lawrence pourtant n'avait aucune intention de demander la moindre explication ou précision ce soir, simplement désireux d'emmener son camarade prendre l'air pour qu'il se calme un peu, prenne le frais et trouve l'apaisement nécessaire pour pouvoir aller se coucher et trouver le sommeil sans trop de difficulté. Machinalement pourtant leurs pas les avaient menés un peu plus loin que ça et tous les deux s'étaient échoués dans le vieux combi bus rouillé qui trônait dans un coin du jardin ; Le barbu n'avait que très rarement mis les pieds ici cette saison, mais il lui semblait se souvenir que c'était un lieu fréquenté de façon un peu plus assidue par Naveen. Au lieu de l'apaisement escompté pourtant, l'indien avait fondu en larmes à nouveau à peine Lawrence avait-il refermé ses bras autour de lui dans une étreinte supposée le calmer un peu. Peine perdue à l'évidence, et tandis qu'il sentait les sanglots de Naveen le secouer doucement contre son épaule, il avait resserré un peu plus ses bras autour de lui comme dans un désir inconscient d'essayer de le protéger de l'extérieur et de ce qui pouvait être à l'origine de son chagrin. La main qui avait glissé jusqu'à ses cheveux caressaient maintenant doucement la nuque de l'indien, et son autre main elle effectuait un mouvement circulaire contre son dos dans l'espoir de parvenir à l'apaiser un peu. Il était désolé, disait-il, parce qu'il aurait préféré que Lawrence ne le voit jamais dans un tel état, mais ce dernier s'était contenté de secouer légèrement la tête, relâchant juste à peine l'emprise qu'il avait sur Naveen. Il ne lui reprochait pas, il ne le blâmait pas, il était simplement peiné d'imaginer que l'indien ait pu garder pour lui toute ces semaines toute cette peine et toute cette détresse qui semblait maintenant déborder et qu'il ne parvenait plus à retenir. Il l'aurait écouté pourtant, quand bien même la conversation eut été rendue difficile par le fait que leurs secrets en étaient encore. Mais aujourd'hui ils n'étaient plus des secrets pour personne, et si Lawrence lui murmurait d'en dire plus ce n'était pas tant parce qu'il avait espoir d'avoir une quelconque solution à lui apporter que parce qu'il souhaitait le voir se délester un peu de ce qui l'alourdissait. C'était humain au fond, le sentiment de trahison, particulièrement quand comme Naveen on accordait parfois sa confiance les yeux fermés ... mais coupable ? « T'es pas responsable des choix et des décisions de tes parents, Naveen. » Ça lui allait bien à Lawrence, de dire ça alors qu'il n'avait pas eu cesse pendant des années de porter les décisions de son propre père comme un fardeau. Mais les choses paraissaient souvent plus claires lorsqu'on les voyait de manière extérieure, avec un certain recul, et il était plus simple pour lui d'avoir du recul sur la situation de Naveen que sur sa propre situation. Se détachant à peine de lui, Lawrence avait malgré tout essuyé quelques larmes sur les joues de l'indien avant de reprendre « Et ça n'aurait peut-être rien changé ... si tu n'avais pas été le cinquième, c'est un de tes autres frères et sœurs qui l'aurait été, et l'issue aurait peut-être été la même. Mais si tu n'avais pas été là, qui aurait empêché l'histoire de se répéter une seconde fois ? » Est-ce qu'un autre de sa fratrie aurait traversé le pays comme lui l'avait fait, utilisé cet idéalisme qui le caractérisait, et su trouver les bons mots pour empêcher que sa famille compte deux drames au lieu d'un seul ? « C'est peut-être pas sans raison, cet altruisme et cette capacité que tu as à veiller sur les autres, et le fait qu'après avoir perdu ta sœur ce soit toi que tes parents aient reçu. » Il s'armait de peut-être parce qu'il avait conscience que la façon dont Naveen voyait les choses pouvait être aussi divergentes que leurs croyances respectives, il ne voulait pas avoir l'air de lui imposer quoi que ce soit ... Mais aux yeux de Lawrence rien n'arrivait jamais par hasard, le bon comme le mauvais. C'était une manière de penser à laquelle il s'était raccroché concernant les événements qui jonchaient son propre parcours, et si elle tendait parfois à le rendre un peu pessimiste elle l'aidait aussi à relativiser, un peu. Il se sentait en tout cas un peu fébrile à cet instant, en sentant l'indien se blottir à nouveau contre lui, parce que l'indien semblait se raccrocher à lui et que c'était bien la première fois que quelqu'un accordait une telle confiance à son égard. « Y'a rien qui t'empêche de le faire. » Il murmurait à nouveau, laissant ses doigts glisser contre le dos de son camarade et écoutant sa respiration dans l'espoir de l'entendre se calmer, peu à peu. « Je lui parle parfois. Bobby. » Son frère, celui dont il ne parlait jamais mais dont la montre ne quittait plus son poignet et dont la citation favorite s'affichait fièrement en lettres sombres sous sa clavicule gauche. « Je sais que je donne l'impression d'avoir été assez peu affecté par sa mort, mais c'est pas aussi simple. Et il me manque, parfois. » Parfois, parce que dès lors qu'il avait intégré la Navy Lawrence s'était toujours senti assez indépendant vis-à-vis de son père et de son frère. Il pouvait passer plusieurs semaines sans leur parler et sans que cela ne soit un drame, il en allait de même pour Bobby, mais l'un savait que s'il avait besoin de parler à l'autre il répondrait présent, peu importe que leur dernière conversation remonte à dix jours ou à trois mois. « Et y'a des choses pour lesquelles je sais que personne serait autant à même que lui de comprendre, alors ... je lui parle. Même si ça semble ne rimer à rien et même si je n'ai aucune idée de s'il m'entend ou pas. Mais ça me fait du bien. » Et c'était toujours pour les vivants que c'était le plus dur au fond, c'était eux qui avaient besoin de se rassurer, de se consoler. Et à ce sujet-là Lawrence doutait un peu de ses propres capacités tandis que sa main caressait les cheveux bruns de Naveen et qu'il regrettait de ne pas pouvoir faire beaucoup plus que ça, actuellement.




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Naveen
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MessageSujet: Re: half a world away, 01:07 - 08/02 (naveen)   Jeu 11 Fév - 6:05

Si ce bus avait toujours été synonyme de calme et d'apaisement aux yeux de l'indien, ce soir il était plus difficile pour lui d'y voir un refuge aussi accueillant qu'en temps normal, étant encore particulièrement éprouvé par la révélation de son secret, et par cette vive peine qui l'accablait depuis déjà quelques heures. Le chemin qui les avait conduits jusqu'au bus avait vu couler de nouvelles larmes sur ses joues déjà humides, et si ses sanglots s'étaient tus un court instant après que Lawrence et lui aient gagné l'intérieur, ces derniers ne tardèrent pas à se faire entendre à nouveau, lorsque dans un élan de profonde bienveillance, l'américain était venu le serrer contre lui. Impuissant face à sa propre détresse, Naveen ne pouvait alors qu'attendre que celle-ci passe, sans savoir s'il y avait le moindre espoir que la nuit emporte avec elle ses tourments, ou s'il la passerait à subir une affliction équivalente, dans le meilleur des cas, à celle qu'il supportait à cet instant. Il ne savait qu'une chose, c'est que la chaleur qui émanait de cette étreinte tendait déjà à réchauffer son cœur, comme si celui-ci se trouvait enveloppé dans un linge chaud, qu'on frotterait avec douceur. Les bras de l'américain, eux, étaient empreints d'une telle tendresse qu'ils donnaient presque l'illusion d'un nuage qui se renfermerait sur lui. Il était bien, tout contre Lawrence. Sa peine n'avait pas disparu, et ses sanglots, eux, troublaient toujours le silence des lieux.  Mais il y avait quelque chose de très particulier dans cette étreinte, et dans les sentiments qu'elle lui inspirait. Peut être réalisait-il le chemin qu'ils avaient parcouru, Lawrence et lui, depuis leur rencontre. Que ce qu'ils vivaient ce soir, ils ne l'auraient probablement pas vécu des semaines plus tôt. Parce que face à ses larmes, le Lawrence du début de l'aventure aurait été attentif, sans doute, mais il aurait probablement gardé quelques réserves, par habitude ou bien par gêne. Ce n'est que récemment que l'indien avait senti tomber certains de ses remparts, et qu'il avait eu le sentiment que Lawrence se rapprochait de lui. Alors oui, cette étreinte avait une saveur particulière, et c'était aussi ce qui contribuait à soigner doucement son mal être. Il s'en voulait néanmoins, d'abord d'avoir possiblement tâché la vaste de son partenaire, et ensuite de lui imposer un tel spectacle. Rien de bien digne ou qu'il risquait de rappeler à Lawrence par plaisir, c'est certain. Et puis, l'américain l'invita à se confier à lui. C'était une habitude, et pourtant ici c'était un exercice plus difficile qu'on pourrait le croire. Parce que Lawrence avait beau être Lawrence, c'était compliqué de lui avouer qu'il se sentait trahi, mais surtout coupable. Parce qu'il se doutait qu'il ne verrait pas les choses comme lui, qu'il ne concevrait pas qu'il puisse se tenir rigueur de choses dont il n'était pas directement responsable. Mais c'était plus fort que lui, lorsqu'il repensait aux circonstances du drame qui avait coûté la vie d'Amita, il revoyait une chose : lui, dont sa mère était tombée enceinte à l'époque. Lui, qui avait donc contraint ses parents à agir. « Je ne suis pas arrivé au bon moment, c'est … c'est pour ça que mon père s'est inquiété. Je … j'ai le sentiment d'avoir été l'élément déclencheur de cette histoire. » Il souffla d'une voix encore fébrile, aux paroles de Lawrence, prenant toutefois doucement conscience que c'était prendre les choses trop à cœur que de s'en vouloir d'être venu au monde, et d'aller jusqu'à se reprocher d'avoir indirectement scellé le destin de sa sœur. Les gestes initiés par Lawrence, qu'il sentit chasser quelques larmes de ses joues, eurent néanmoins pour effet d'apaiser son sentiment de culpabilité, tout comme les mots qu'il lui souffla ensuite. Suspendu à ses lèvres comme s'il y voyait le remède à tous ses maux, c'est un regard tendre qu'il posa sur l'américain tandis que ses paroles calmèrent d'elles-même la puissance de ses pleurs. « C'est vrai, tu … tu penses que j'ai pu être une chance pour ma famille, et pas … une plaie ? » Il avait conscience, oui, d'avoir probablement évité un autre drame lorsqu'il était rentré en quatrième vitesse pour dissuader son père de marier Sonali, alors même qu'à cet instant il ignorait encore ce qui s'était joué trente ans plus tôt. Mais l'entendre de la bouche de Lawrence avait plus d'impact que lorsqu'il se le répétait à lui-même, tout comme le fait qu'il semble dire qu'il avait pu naître pour mieux protéger sa sœur, ce jour-là. Il avait pourtant resserré leur étreinte, par besoin plus que par réflexe, comme si plus rien en dehors de ce contact ne saurait l'apaiser. Et puis, confessant qu'il aurait eu beaucoup de choses à dire à sa sœur, c'est bientôt un fin sourire, toujours des plus tristes, qui gagna ses lèvres. « Tu sais que je ne crois pas que l'âme de ma sœur soit quelque part autour de moi, mais plutôt qu'elle est … ailleurs, dans un autre corps que celui qu'elle a quitté. C'est pour ça que j'avais besoin de cette rencontre … parce que c'était pour moi le seul moyen de m'entretenir avec elle. » Ce qu'il tentait de lui dire, d'une voix encore un peu essoufflée, c'est qu'il pourrait dire ces choses, oui, mais qu'il n'aurait pas le sentiment d'être entendu. Parce que penser qu'un être s'était réincarné, c'était imaginer qu'il vive une autre vie, peut être à l'autre bout du monde, peut être sous une apparence bien différente de celle qu'on lui avait connu – ou rien qu'à travers des photos, dans le cas de l'indien – mais qu'il vive, bel et bien. Il n'y avait donc qu'une rencontre physique susceptible de lui donner satisfaction. Mais il se doutait, bien sûr, que ses croyances n'étaient pas celles de Lawrence. Il ne s'attendit cependant pas à en avoir immédiatement la confirmation, lorsque l'américain avoua parler à Bobby, son défunt frère, de temps en temps. Pris de court par cette confession aussi troublante qu'incroyablement belle, l'indien se redressa dans l'espoir de capter son regard, tandis que bientôt, les nouvelles paroles de Lawrence virent serrer son cœur. Il subissait à présent une nouvelle tristesse, mais c'était cette fois pour son partenaire que ses larmes menaçaient de couler. « Oh, Lawrence. » Il souffla alors, dans l'esquisse d'un sourire tendre, teinté d'une profonde empathie. « Pourquoi l'as-tu gardé pour toi ? Pourquoi … est-ce que tu en parles si peu ? » Il se trompait, lorsqu'il supposait qu'on pourrait croire que la mort de son frère ne l'avait pas atteint, parce que l'indien l'avait toujours soupçonné de garder une peine immense en lui. Et ici, il réalisait qu'elle était encore plus actuelle, plus vive qu'il se l'était imaginé. « Tu sais à présent que je peux comprendre ce que tu ressens. Comme tu dois sans doute avoir compris pourquoi ça me tenait à cœur de savoir, pour les pertes que tu as subi ... » Parce que même si son deuil était différent du sien et qu'il n'était assurément pas à plaindre à coté de Lawrence, il s'était senti proche de lui lorsqu'il avait su pour tous les êtres qui l'avaient quitté. Et parce qu'à ses yeux, c'était les drames qui jonchaient la vie d'une personne qui en disaient le plus long sur elle. « Et ça rime à quelque chose si ça t'aide à accepter l'inacceptable. Chez moi, on … on croit à la réincarnation parce que c'est plus évident, dans un sens, d'accepter le départ d'un être cher si l'on sait qu'il connaîtra le bonheur dans une nouvelle vie. » La mort de sa sœur n'était pas évidente pour lui parce qu'il vivait avec la frustration de ne pas l'avoir connue, et que d'autres choses venaient s'ajouter à sa peine. Mais ça ne l'empêchait pas de relativiser, d'espérer qu'elle soit heureuse dans sa nouvelle existence. « Toi, tu … tu aimes penser que tes paroles parviendront à ton frère, parce que ça t'aide aussi à accepter cette situation. » Il maintenait ainsi le contact avec lui, parce que ça lui donnait probablement l'impression qu'il était tout près, dans ces moments-là. « J'ai lu sur ta plaque que tu étais protestant, et je ... j'ignore comment vous voyez précisément les choses, mais je pense qu'il n'y a pas une vérité, mais que chacun est en droit de croire à ce qui l'aide à surmonter sa souffrance. » Si sa religion impliquait des croyances contraires à celles de beaucoup d'autres, ça n'était pas pour autant qu'il irait les condamner, prétendre qu'il détenait la vérité absolue et que ceux qui ne partageaient pas ses idées étaient des fous. Il s'efforçait de respecter autrui pour ce qu'il avait de différent de lui, ainsi ne pas avoir les mêmes convictions que Lawrence était loin d'être un problème à ses yeux. « Bobby, Josh, ton père … ta mère … je suis sûr qu'ils veillent tous sur toi, et qu'ils admirent la personne que tu es devenu. » Il reprit finalement, en tâchant d'esquisser un sourire un peu plus prononcé, et d'y atténuer sa peine, tandis que l'une de ses mains remonta jusqu'au bas du visage de l'américain, et vint doucement effleurer sa mâchoire. Évoquer les êtres que Lawrence avait perdu n'était pas sans lui rappeler combien il pouvait être seul, tout du moins jusqu'ici, ainsi son cœur se serra à nouveau, avant qu'il ne repense subitement à un détail. « J'ai failli oublier. » Se détachant légèrement de lui pour pouvoir atteindre sa propre manche, il la retroussa jusqu'à laisser apparaître le bracelet qu'il avait glissé autour de son poignet quelques heures plus tôt. Retirant le bijou, il vint bientôt le déposer dans la poche de la veste de Lawrence, pensant qu'il valait mieux qu'il le garde, en attendant de savoir qui aurait l'occasion de l'offrir à Rosie. « Je crois que ça m'a porté chance, malgré tout. » Il ajouta, tout en redéposant sa tête contre son épaule, fermant les yeux un court instant avant de pousser un doux soupire. « J'aurais aimé qu'on l'atteigne ensemble, cette finale. Tu la méritais tant. » Il se réjouissait pour ses trois adversaires, mais il est vrai qu'il aurait aimé affronter Lawrence à l'occasion de cette finale, parce que c'aurait été symbolique, d'arriver à ce stade tous les deux. « Je le pensais, tu sais, quand … quand je t'ai dit que je t'aiderai à affronter l'extérieur si les choses étaient compliquées pour toi. Bien sûr, je … je ne parle pas de te donner la main ou de jouer les attachés de presse … » Ses lèvres laissèrent échapper un léger rire, encore un peu triste, avant qu'il n'ajoute. « … Mais simplement de t'écouter si tu as besoin de parler, de … de te changer les idées. Même qu'une heure, même au beau milieu de l'aéroport ou ... le temps d'attendre un taxi. » Il ne lui proposait pas nécessairement de l'accompagner jusqu'à chez lui, simplement d'être là dans l'hypothèse où l'ambiance serait lourde, pour lui, une fois dehors. Il ne savait pas ce qui était susceptible de lui tomber dessus, mais il savait que Lawrence ne se ferait pas du souci sans raison. « J'ai un téléphone portable, aussi, si jamais … » Son ton se fit plus timide, tandis qu'il releva à nouveau la tête pour pouvoir lui sourire, avec douceur et un peu moins de mélancolie. Il ne savait pas exactement s'il le lui précisait parce qu'il n'était pas certain que Lawrence sache qu'il possède ce genre d'appareils – on était en droit d'en douter, connaissant la vie qu'il avait longtemps mené – ou avec l'espoir qu'il s'empresserait de lui demander comment le joindre, à leur sortie, dans l'hypothèse où comme lui il voudrait s'assurer qu'ils ne perdraient pas contact, lorsque l'indien retournerait au pays pour régler un certain nombre de choses.


i guess right now
you've got the
last laugh.

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half a world away, 01:07 - 08/02 (naveen)

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